Guy Dessauges

Dessauges Guy

Guy Dessauges
(1924-2009)
Nationalité: ch Suisse


Guy Dessauges est né en 1924 à Lausanne, fils d'un père suisse, juriste, et d'une mère arménienne pianiste. Après des études mouvementées, il entre à l'école des Beaux-Art de Lausanne en 1940 et y reste jusqu'en 1945.
En 1946 il séjourne à Paris, à l'Atelier du Vrais du peintre Cheney à Montparnasse. Puis il fréquente l'Académie de la Grande Chaumière chez Othon Friesz. Sa peinture est dans un style post-impressionniste dans les tons noirs, blanc et rouge.
De retour à Lausanne il travaille à des projets de stands pour des foires commerciales.
En 1949, il s'installe à Berne sur les conseils de son père qui y est établi depuis quelques années.
Guy Dessauges s'intègre facilement aux groupes artistiques de la Capitale. Berne étant une ville très francophile.
Il se lie d'amitié avec les peintres Luigi Crippa, Franz Fédier, Mereth Oppenheim, Martin Lauterburg, Serge Brignoni, et aussi avec Arnold Rüdlinger directeur de la Kunsthalle de Berne, qui l'encourage sans restriction.
En 1951 et 1952, Guy Dessauges reçoit deux fois huit mois, une bourse d'étude du Gouvernement Français. Il reste à Paris jusqu'en 1954. Ce séjour marque un grand changement dans sa peinture. Il rencontre l'Art Américain qui fait sa première apparition à Paris, représenté par Jackson Pollock, Sam Francis et Mark Tobey. Dessauges commence alors une série d'expériences dans l'esprit du tachisme. Dans son atelier de Montparnasse, il expérimente de nouvelles "textures" qui l' aident à se libérer d'un certain académisme... C'est le début de la liberté technique et de l'exploration. De retour à Berne il est encouragé par A.Rüdlinger qui l'expose à la Kunsthalle avec un groupe d'artiste bernois.
Fin 1954, Dessauges va contribuer à la naissance de la Télévision Suisse à Zurich. En 1955 il est engagé comme chef décorateur au Studio de TV de Bellerive.
C'est le début d'une série d'expositions et de succès. En 1958 dans son atelier de la Villa Egli, il commence à peindre de grands tableaux au pistolet. Il est le premier peintre sur de grands formats. Pour un décor de TV, il peint un tableau au pistolet (Back-grund) de 27 mètres de long sur 4,50 de haut! ( Don Carlo, réalisé par Roger Burckhardt.)
Au bout de 12 ans de TV il démissionne, et travaille pour la firme Karl Steiner, entreprise de construction, comme projecteur designer. Il fait des projets pour des hôtels des restaurants des bars, en Suisse et en Hollande.
Sa peinture se modifie et son style s'approche de la peinture fantastique, dans l'esprit de la peinture expérimentale de Max Ernst. Recherches de nouvelles techniques, sur des fond métallisés, un nouvel usage de l'ancienne technique des glacis et plus de formes dessinées.
En 1994, après avoir lu le livre de Paul Radin, Kéréniy avec un commentaire de C.G. Jung, il peint une série de 80 tableaux ayant pour thème le "Divin fripon" légende mythique des Indiens Winnebago d'Amérique du Nord. Ils seront exposés à Herrliberg. en 1995 à la galerie Vogtei.


Articles:

Le Principe d'incertitude


"J'évite les théories aussi bien sur l'art en général que pour ma peinture en particulier.
Je parlerais plutôt de nécessité intérieure composée d'impulsions très simples: l'odeur de la peinture ...l'écrasement de la couleur sur le support... l'envie de mettre du rouge à côté du vert, puis d'un certain rouge à côté d'un certain vert ! ...Puis de transformer ces mélanges en paysage, puis en une composition avec des personnages... uniquement pour le plaisir, sans ambition, juste pour voir....
Parfois, vous êtes surpris du résultat surgissant de ce désordre. Du fond de soi émergent des formes insoupçonnées venant du subconscient et qui sont aussi réelles que les pensées de l'état présent...Cela vient d'un sentiment inconscient parallèle au conscient mais caché dans l'ombre... parfois ces surgissements se sont partiellement emmêlés; deux extrêmes se font jour sans ménagement... Par exemple, un paysage harmonique et bucolique, mêlé à une scène de diableries... genre tentation de Saint-Antoine ! On peut choisir l'impulsion la plus forte...ou sans tergiverser, composer avec les deux images... Ce qui peut donner une oeuvre comme la kermesse de Rubens, ou une composition de Breughels, entre le paradis et l'enfer, ou encore la tentation de Saint-Antoine de Max Ernst !...C'est à ce moment là que commence la création. Toutefois même en essayant de tout dire, il faut choisir, c'est le commencement de l'aventure.
Pour ne rien perdre de mon énergie, je travaille sur plusieurs tableaux à la fois. Même si je sais qu'un seul survivra, qui, d'ailleurs ne sera pas nécessairement bon, je le garde comme témoin en sursis ! "

Extrait du Tome 4 :
Le principe d'incertitude
Une vie d'artiste.
Guy Dessauges

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